Je  dirige un petit groupe d’ingénieurs qui développent des applications de services délivrés en ligne basées sur les routines du web 2.0, les principes des réseaux sociaux et la convergence entre le téléphone et l’Internet.

Comme certain d’entre vous le savent peut être, je travaille depuis plus de 3 ans avec Xavier Dalloz sur la modélisation du principe d’un Internet pour tous par l’attribution de Domiciliation Numérique Sécurisée   (concept que nous appelons le DNS2.0).

Les adresses de type DNS 2.0 - qui ne sont ni des emails, ni des noms de domaines, ni des pseudos - permettent de constituer des plateformes de services intégrés, dont l’usage ne requière de la part de l’utilisateur final :

  • Pas de dépenses nouvelles - ni abonnements, ni achat de matériel ou logiciel, fonctionne sur tout terminal connecté  
  • Quasi aucune implication (pas besoin de se déclarer, ni de se protéger, on bénéficie d’une adresse parce qu’on y a droit)
  • Très peu voire aucune compétence en informatique (certains de nos utilisateurs ne savent même pas lire ou écrire !!)
  • Aucun effort pour garantir sécurité et confidentialité (gestion des identifiants par système)
  • Pas d’effort pour pérenniser et retrouver ses contenus (pas de sauvegarde, d’archivage ou de stockage de données)

Notre proposition est de constituer dans l’Internet un réseau de services quotidiens de communication interpersonnelle et d’échanges utilisable (  et pas seulement accessible) par tous et partout, à l’instar de ce que fournissent les autres réseaux de commodités : téléphone, banque, transport, services postaux …..

Pour qu’une plateforme DNS 2.0 fonctionne, il faut et il suffit qu’elle soit opérée et garantie par un acteur économique, associatif ou administratif qui opère un service équivalent dans la vie réelle. Un tel acteur dispose légitimement de la confiance de ses clients, adhérents ou usagers, il n’a pas besoin d’offrir des services gratuits pour gagner de l’audience.

Le DNS 2.0 permet, en dématérialisant tout ce qui peut facilement l’être, d’étendre les usages de l’Internet à toutes sortes d’utilisateurs ( séniors, défavorisés, pays en developpement) et pour toutes sortes de services du quotidien qui ne passent pas aujourd’hui par le Web.

De tels usages, ne peuvent pas émerger aujourd’hui du Web tel que nous le connaissons, car son système de nommage déclaratif fonctionne selon la règle très restrictive du DNS : le premier arrivé est le seul servi.

Il me parait vain d’imaginer que l’on pourra résoudre ce problème structurel en encadrant la gouvernance de l’Internet .

Par contre, je crois que la France, du fait de la richesse de son tissu de services publics est particulièrement bien placée pour initier des nouveaux usages de l’Internet découlant du DNS 2.0.

Notamment j’appelle votre attention sur le travail que Dominique Dardel et moi même avons initié autour du Domicile Numérique Attribué pour les défavorisés.  

Je crois qu’il appartient à ISOC France de s’emparer de sujets prospectifs et d’en débattre.

Et c’est pour porter le débat du DNS 2.0 dans ce cadre que j’invite les adhérents à voter pour ma candidature.