Nous entrons dans une économie de l’attention, de l’implication. Il s’en suit une généralisation des logiques de réseaux, qui augmente les effets dits de réseaux ou de systèmes complexes (synergies, réactions non linéaires provoquant des ruptures au delà de seuils…) qui se manifestent dans les échanges collaboratifs.

 
La troisième vague de l’Internet, celle des échanges en confiance et de la personnalisation anonyme, va rendre possible cette nouvelle forme de création de valeur.
 
Actuellement sur le web, la confiance est pratiquement impossible étant donné qu’une personne qui se connecte n’a aucune certitude que son interlocuteur en ligne soit bien celui qui apparaît, voire même qu’il existe : il peut s’agir de quelqu’un d’autre, ou d’une machine.
 
Il est impératif de trouver une réponse à tous les risques qui sont liés à l’usurpation d’identité et à la nécessité d’échanger en confiance sur Internet.
 
Pour cela, il faut constituer dans l’Internet un réseau de services de communication interpersonnelle et d’échanges utilisable (pas seulement accessible) par tous et partout, à l’instar de ce que fournissent les autres réseaux de service : téléphone, banque, transport …..
 
Avec Jean Marc, nous avons conceptualisé cette troisième vague de l’Internet avec les cinq lettres qui la caractérisent : EILSC
 
·         Le E correspond à Emotion. Il faut d’abord exposer l’offre de tel sorte l’individu souhaite être mis en relation et en confiance pour exécuter les échanges du quotidien dans une logique du type « voilà ce que je veux, faîtes ce que cela implique ».
·         Le I correspond à Identification. Il est indispensable d’identifier tous les équipements et leurs utilisateurs qui sont connectés à Internet. Il faut aussi pouvoir authentifier ces équipements et les utilisateurs et les faire signer de telle sorte qu’il n’y ait pas contestation de chaque transaction (comme pour un chéquier).
·         Le L correspond à Localisation. Il est indispensable que l’identification soit géolocalisée afin de permettre de restituer le bon usage dans le contexte de l’utilisateur.
·         Le S correspond à Services. Les services doivent être orchestrés et contrôlés en temps réel, quel que soit l’équipement que les utilisateurs ont à leur disposition (par exemple dans leurs poches).
 
·         Le C correspond à Clickable L’usage des services doit être rendu via des petites applications cliquables ( Widgets) présentées à l’utilisateur au bon moment. Ce qui doit permettre de s’affranchir du navigateur Web. L’évolution naturelle est la télécommande qui simplifie la transaction dans une session personnalisée et adaptée au contexte.
 
Emotion ( adhésion individuelle) + Identification (Domicile numérique) + Localisation (contextuelle) + Services (gestion temps réel) + Clickable ( simple et à la portée de tous) vont constituer les composants de base de l’écosystème d’un monde devenu globalement numérique et massivement interconnecté.
 
L’identification des équipements est à la base du fonctionnement du DNS. En revanche, il n’y a aucune solution au problème de l’identification des utilisateurs. Le Domicile Numérique Sécurisé (le DNS 2.0) est la réponse à ce besoin. Cette architecture de services permet en effet de créer cet environnement de confiance en transposant le rôle d’un tiers de confiance du monde réel dans le monde virtuel avec la garantie d’une personnalisation anonyme.
 
Le DNS 2.0 est en fait l’équivalent d’un Facebook qui respecte la « vie privée ». En effet, l’entreprise qui attribue un Domicile Numérique Sécurisé sert de filtre, protège l’identité de son client, et sur le réseau apparaissent seulement les informations nécessaires à l’avatar numérique pour communiquer, échanger.
 
Le Domicile Numérique Sécurisé permettra notamment l’émergence d’un commerce qui sera d’autant plus efficace qu’il rendra possible un commerce capable d’écouter et de proposer à la demande de s’exprimer en confiance, de façon individuelle, n’importe où et n’importe quand.
 
La France a fait un sans faute. Nous avons fait tous les mauvais choix ou avec un temps de retard. Cette fois-ci, nous n’avons plus le droit à l’erreur. Il faut miser sur le cloud computing. Pour ceux qui en doutent, allez voir les web services proposés par Amazon. En France, Jean-Marc Lévy-Dreyfus a en effet une longueur d’avance avec Gotapp.
 
Le Cloud Computing va constituer une brique essentielle de cette troisième vague de l’Internet.
 
Comme le fait remarquer Nova Spivak, nous sommes témoins d’un déplacement croissant des applications natives installées sur le poste de travail, vers des applications similaires mais hébergés sur des serveurs et fonctionnant avec des navigateurs. Par exemple, une gamme de produits telle que Microsoft Office Live, Google Docs, Zono, ThinkFree, DabbleDB, Basecamp, et bien d’autres, proposent aujourd’hui des alternatives orientées Web de toutes les applications bureautiques qui nous sont familières sur un poste de travail.
 
Il en est de même pour une gamme croissante d’applications en entreprises, situation menée par des sociétés comme Saleforce.com, et ce processus tend à s’accélérer. De plus, le stockage hébergé à distance pour les particuliers et les entreprises de toute taille, est maintenant largement accessible et économique. Si ces tendances continuent, qu’en sera-t-il l’avenir du poste de travail ?
 
Il y a déjà eu plusieurs tentatives pour copier cette vieille interface du poste de travail de type « fichier et répertoire » vers le Web, mais cela n’a pas pris. A ce jour, les imitations du poste de travail n’ont été au mieux, que de pales et frêles imitations des vrais. D’autres ont été largement plus adroits. Mais ils ont tous un point en commun : aucun n’a plus le remplacer. Les gens ne veulent pas gérer toutes leurs informations sur Internet avec la même interface que celle utilisée pour gérer les données et les applications sur le PC local. Le Web est un média totalement différent et qui requiert un nouveau type d’interface. Le poste de travail du futur, que certains appellent déjà le « Webtop », doit encore être inventé.
 
Dès lors que nous nous déplaçons dans un monde qui est de plus en plus « mobile », où les utilisateurs travaillent souvent avec différents types d’appareils rien qu’en une journée, nous avons besoin d’accéder de manière unifiée aux nos applications et nos données. Ce qui implique que nos applications et nos données ne résideront plus sur des appareils en local, mais qu’elles vivront dans un espace dématérialisé (Cloud Computing : « l’informatique dans les nuages ») et qu’elles seront accessibles via des services Web.
 
Le poste de travail du futur sera davantage destiné à aider les utilisateurs à gérer le trop plein d’informations, en particulier ce trop plein généré par le changement. Dans cet esprit, il sera plus comme un lecteur de flux RSS ou un site de nouvelles sociales qu’un répertoire. L’objectif sera d’aider l’usager à gérer et à être en contact avec toutes ces données allant et venant de son environnement. L’interface sera conçue pour aider l’utilisateur à comprendre quelles sont les tendances, plutôt que d’organiser les choses.
 
Dès lors que nous allons vers un monde où la création et la distribution de contenu devient infiniment bon marché, les ressources les plus rares ne sont plus le stockage ou la bande passante mais l’attention. La vitesse de création et de distribution de l’information contenue à s’accélérer et la fin n’est pas en vue, bien que les capacités cognitives du cerveau humain soient limitées et que nous avons tous nos limites.
 
Dans le but de faire face à la complexité alarmante de nos vies numériques, nous allons nous appuyer de plus en plus sur des outils qui nous aideront à gérer notre attention de manière plus productive, plutôt que de faire appel à des outils qui nous aident simplement à gérer nos informations.
 
C’est un décalage de la mentalité qui passe de celle de bibliothécaire à celle de « daytrader ». Avec un PC, nous étions concentrés sur le fait de gérer de l’information, nous agissions comme des bibliothécaires. Classer des choses était très embêtant, et les retrouver, encore plus. Mais aujourd’hui, le classement de l’information n’est plus un problème. Google a rendu la recherche si performante et omniprésente que de nombreux utilisateurs du Web ne s’embêtent plus à classer. A la place, ils les cherchent avec ce moteur lorsqu’ils en ont besoin. Le problème du bibliothécaire est devenu dépassé par la force brute de la recherche à l’échelle du Web. Jusqu’à maintenant. 
A la place, nous devons faire face à un problème différent, celui de filtrer ce qui est important ou pas maintenant ou dans un futur proche. Avec une attention et un temps limités, nous devons être prudents à ce que nous recherchons et à ce à quoi nous devons faire attention. C’est la mentalité du « daytrader ». Ils sont concentrés sur la découverte et le suivi des tendances (de la bourse par exemple). Et c’est ce vers quoi nous allons.
 
Rappelons l’objectif de Google : distribuer un OS mobile gratuit pour que tout appareil nomade puissent intégrer internet à moindre coup. Ainsi, tout fabricant de téléphone (mais également mp3, gps, netbook, ebook, pda) quelle que soit sa taille peut proposer un téléphone connecté à internet et aux applications google. Le mobile vient donc accélérer la fuite des applications du desktop vers le webtop.