Je reviens sur un article récent de canoe.ca qui rapporte des infos parus sur IDG et relate les mésaventures d’utilisateurs de Gmail qui ont vu tout ou partie des messages échangés et stockés sur leurs comptes effacés comme engloutis dans un trou noir .

Curieusement les gens de Gmail une fois - apparemment très difficilement - contactés semblent à en croire l’article ( mais peut on systématiquement préter foi à ce qui est publié sur le Web???) ne pas se sentir concernés et encore responsables de ces disparations de contenus !!!

Pour les détails voir l’article Gmail gaffe en supprimant des courriels archivés

De là se posent trois types de questions relatives à l’avenir des usages de l’Internet :

  • Comment sécuriser les échanges sur Internet basée sur l’identification certaine des usagers, et cela grâce à une gestion centralisée et non pas à une PKI qui peut apparaître comme une usine à gaz.
  • Comment tracer les échanges sur Internet, le stockage et la centralisation des transactions sous le contrôle des utilisateurs
  • Quel rôle pour les tiers de confiance, non pas centralisé, mais un tiers de confiance par métier, par corporation.

Le Domicile Numérique Sécurisé (ou DNS 2.0) est la réponse à ce type de mésaventures d’utilisateurs de Gmail qui ont vu tout ou partie des messages échangés et stockés sur leurs comptes effacés comme engloutis dans un trou noir .

Le DNS 2.0 ‘est en effet une architecture de services Internet qui établit une relation de confiance entre usagers, clients potentiels, Administrations et fournisseurs de produits et services du « monde réel », dans un contexte cohérent et maîtrisé. Il transpose le métier des tiers de confiance du « monde réel » au « monde virtuel » (notaires, banques, assurances…).

L’exemple Le DNS 2.0 est né de six observations principales

• Le rôle croissant de la « relation » dans les modèles économiques CtoC et CtoB

Si les modèles B to B et B to C sont impactés par le web, le vrai tournant se trouve dans la montée en puissance des modèles C to C et C to B.  Il s’agit pour les entreprises de valoriser les échanges de personne à personne. Aujourd’hui, être mis en relation avec la bonne personne a un prix, comme le prouvent les succès de Meetic (site sur lequel les hommes sont prêts à payer plusieurs euros pour être mis en relation avec la femme de leur vie), de MSN (logiciel de messagerie instantanée permettant aux utilisateurs de communiquer gratuitement entre eux, utilisateurs constituant une audience valorisée par MSN auprès des annonceurs), d’eBay (tiers de confiance proposant aux internautes de vendre leurs produits en ligne, moyennant commission) ou bien encore des sites de petites annonces en direct.

Un autre exemple est celui des applications permettant aux utilisateurs de monétiser leur expertise personnelle telle que la traduction, l’assistance culinaire, les conseils en informatique ou en mathématiques.

Les modèles d’affaires C to C et C to B illustrent l’émergence de ces pratiques mais également leur potentiel économique. Si ces modèles doivent encore travailler à se stabiliser, ils montrent une tendance de fond qui va bien au-delà de l’évolution de la chaîne de la valeur. En effet, le client n’est plus seulement « roi » ou « au cœur », il se situe à l’origine même des flux d’affaires (C to C, C to B) voire des processus d’innovation (innovation ascendante). Les entreprises sont en cela fortement impactées et ne sont plus vraiment maîtres des business models. La dominante« relation » va prendre de plus en plus d’importance, qui réunit tous les acteurs ayant une dominante annuaire : service de courrier électronique, sites de rencontre, services de renseignements, etc.

• L’internaute n’est plus passif, il produit lui-même du contenu.

La troisième vague de l’Internet intègre plus profondément l’interactivité de ce nouveau média. L’utilisateur devient à son tour un producteur de contenu et un créateur de services. Il s’implique. L’échange devient plus riche et n’est plus à sens unique.

De plus le client acquiert un pouvoir de négociation. Les outils tels les blogs, forums, sites de recommandation donnent à celui qui était spectateur accès à plus d’informations, en particulier à l’expérience d’achat des autres clients. Emergent également des sites spécialisés dans la comparaison des offres et des prix, qui influencent considérablement le comportement des clients.

• L’importance grandissante de la mobiquité (ubiquité + mobilité)

Le consommateur désire accéder au service dont il a besoin quand il le souhaite, où qu’il soit et avec l’équipement dont il dispose. Cet équipement peut être un ordinateur, un téléviseur, un téléphone, un PDA, une console de jeu ou multimédia… Nous sommes enfin rentrés dans l’ère de l’ATAWAD (AnyTime, AnyWhere, Any Device).

• Le rôle croissant de l’économie de l’attention et de la gestion personnelle du temps

Le consommateurs/citoyen cherchera de plus en plus à économiser son temps et sous-traiter à des prestataires tout ce qu’il ressent comme une corvée afin de se réserver des plages de loisir. Il appartient aux fournisseurs de produits et de services de comprendre cette attente  afin d’agréger dans un seul endroit ces produits et services issus de filières de production différentes. La mondialisation a radicalement transformé l’organisation des entreprises, appels massifs à la sous-traitance, délocalisation et spécialisation des tâches. De même, l’Internet va transformer l’organisation de la vie quotidienne.

• La confiance sera au cœur de tous les modèles économiques

Le commerce sera d’autant plus efficace qu’il écoutera, donnera la possibilité au consommateur d’exprimer en confiance leurs désirs, de façon individuelle, n’importe où et n’importe quand. Cette situation nouvelle bouscule les hiérarchies sociales, car elle procure un avantage décisif aux utilisateurs chevronnés (agiles) et réduit notablement l’importance du savoir dans les prises de décisions personnelles.

• L’offre actuelle de services est inadaptée

L’architecture actuelle du réseau ne permet pas d’établir la confiance et de sécuriser l’usage de l’Internet pour des activités individuelles et personnelles (Vie Privée). Il ne permet certainement pas la personnalisation anonyme et sécurisée qui sera au coeur du nouveau modèle économique, celui adapté à l’amélioration de l’efficacité des échanges collaboratifs. Il va remplacer celui qui a fait le succès de WINTEL : le modèle économlique de l’amélioration de la productivité indivisuelle.

Xavier DALLOZ