Tout le monde se pose la question de savoir comment les tiers référents de la vie réelle - à savoir les administrations, les bancassurances, les opérateurs de réseaux de tous ordres telcos, poste, EDF, assainissement, l’éducation, les associations les ONG name it - vont ils pouvoir exister dans la vie virtuelle.

Ces entités - Brick & Mortar - constituent, maillent et organisent les échanges et les transactions dans le réseau social physique.
Je crois  que ces grands acteurs doivent basculer en réseau mais qu’il est imperatif qu’ils conservent leur modèle physique hierarchique.
Car ces tiers référents sont les pierres angulaires du contrat social et du progrès pour tous et par tout .
Il leur faut conserver deux valeurs fondamentales :  

  1. Nous pouvons les géolocaliser et en identifier physiquement les agents.
  2. Culturellement nous avons déjà confiance en eux.

Il importe donc que ces entités puissent transposer leur valeurs, leurs services et leur légitimité dans le virtuel tout en maintenant leur offres dans le réel -
C’est ce que j’appelle un contexte Brick and/or Click 

Les facteurs clés permettant cette transposition ne peuvent pas être trouvés par une extension du nombre de tld ou par un enrichissement au multilinguisme du DNS.   ( ni soit dit en passant par une extension du nombre d’adresse IP )

A cela 2 raisons majeures :

  1. Bati sur le concept constitutif de la société américaine - société non féodale -  du Premier arrivé Seul Servi ( concept  hérité des fermiers de la ruée vers l’Ouest qui chassait les indiens pour installer leur ranch sur un terrain borné)  La règle de fer du DNS interdit les homonymies dans un même espace de nommage ( tld et par extension serveur mail).  
  2. La prise en compte du facteur culturel est essentielle si l’on veut démocratiser le réseau virtuel, la fameuse fracture numérique est devenue une fracture d’usage et plus une fracture d’accès.

Sur le premier point, GOTAPP le consortium de l’Internet Transactionnel que j’anime  propose une nouvelle méthode de nommage par attribution des adresses ( ce que nous appellons le Domicile Numérique Attribué ou ADD Attributed Digital Domicile ) .
ADD permet dans le périmètre actuel de l’IPV4 et du DNS de résoudre tous les problèmes de multilinguisme et de geolocalisation.

Sur le second point, je vous propose l’analyse suivante :

Nous avons tous été éduqués de manière à pouvoir ( = savoir en belge)  :

Nous situer grace à des identifiants uniques dans le réseau du réel

Pour cela dès notre plus jeune age nous apprenons à utiliser les adresses et identifiants dont nous nous trouvons tous dotés par des tiers du monde réel :  adresses postales, numéros de téléphone, comptes bancaire, Police d’assurance, Carte vitale, carte d’étudiant, carte de membre name it…
En fait le réseau réel est organisé de manière à identifier chaque partie prenante à une transaction grace à son adresse. C’est ce qui permet à un tiers référent de garantir la bonne exécution de bout en bout, la traçabilité et la perennité des transactions dans son écosystème .
Pour autant, Big Brother is not watching you et chacun a la possibilité quand il le souhaite de ne pas s’identifier - par exemple en payant en espèces ou à l’aide d’un compte prépayé. 

Pouvoir utiliser les services du réseau sans efforts particuliers.

Ainsi nous n’avons pas besoin d’acquérir des savoir-faire ou de recréer des situations d’usage spécifique à chaque nouveau paradigme de service délivré par l’un ou de l’autre de ces tiers.
Exemple : chacun sait utiliser un téléphone - dès lors qu’il sait parler sa langue et lire les chiffres - et ce quel que soit le combiné, l’opérateur ou la longueur du numéro et ceci est vrai malgré des changements de versions et de modèle de fonctionnement incessants depuis plus de 100 ans . Par extension chacun sait utiliser des cartes prépayées et des  serveurs vocaux interactifs . Ce qui permet de mettre en réseau virtuel 3.2 Milliards d’humains même pauvres, même illetrés et alosr que nombreux vivent dans une société quasi sans tiers référents capable d’assurer des services réels. - 

Maintenant si l’on analyse le réseau virtuel force est de constater que :

La constitution d’une adresse ( nom de domaine, adresse mail) et/ou d’un identifiant (pseudo, avatar) est le résultat d’un choix et d’une déclaration individuelle. Donc en fait l’anonymat est la règle et l’identification l’exception. Ce qui implique qu’aucune transaction ne peut réellement être garantie de bout en bout ni perennisée.

L’usage de services transactionnels est réservé à ceux qui ont le bagage techno-culturel, les matériels et surtout le temps de s’impliquer. ( après tout nous n’avons qu’une vie à vivre et des choix à faire)

Bien entendu, je n’ignore pas la merveilleuse application de loisir qu’est le Web ce super medium de publication et de téléspectacle ( même si selon certaines sources  30% du flux serait utilisé sur des sites de sexe) .
Un medium dont le modèle économique, comme celui de la télé et de la radio ( dans l’air - gratuit ) est la vente d’espace publicitaire. 
C’est ce modèle économique qui fixe aux tiers référents du monde virtuel la règle du jeu : il faut faire de l’audience à tout prix!

En passant à sa V2.0, de medium de publication le Web est devenu un medium d’échanges virtuels sans grande barrière technologique, dont par extrapolation - et sans doute une certaine forme de techno-babaïsme - nous imaginons qu’il va progressivement se substituer au monde réel.
De fait l’agilité, la gratuité et l’accessibilité des nouveaux usage du virtuel ringuardise totalement les modèles de distribution du vieux monde réel.

Pour autant en terme de démocratisation et de valeur d’usage, ça me parait assez mal barré car, pour augmenter l’audience, les tiers référents du virtuel fournissent en échange de votre inscription ( un enrôlement qui comme on l’a vu avec Beacon chez Facebook, peut  se révéler quelque peu Big Brotherien ) toute sorte de services gratuits - non garantis, non pérennes, intrusifs - ne permettant pas d’opérer et de garantir vos transactions essentielles dans le réel .

C’est pourquoi, ces contenus et ces échanges  ne me paraissent pas de nature à évoluer en "liens forts" contractualisés, horizontaux, par la seule raison qu’ils sont rendu possible gratuitement à un nombre toujours plus grand d’utilisateurs.

En fait on voit clairement les menaces et la défiance dans l’Internet grandir alors qu’on n’a jamais autant théorisé et discuté de sa gouvernance.

Je pense que la prochaine vague de l’Internet  verra s’imposer les solutions "Internet Transactionnel" . 

Les premières sont en ligne vous pouvez tester sur www.postapp.net et sur www.btapp.org