1.     CONSTAT
 
Depuis une dizaine d’années, la Globalisation Numérique, via l’Internet et le téléphone mobile, a  modifié durablement la manière de communiquer, d’échanger, de commercer, de vivre sur la planète et impacté définitivement les comportements individuels et sociaux.
 
Bien entendu, l’Afrique n’échappe pas à ce mouvement planétaire, même si elle bénéfice beaucoup  plus de l’irrésistible expansion de l’usage du téléphone mobile que du développement des e-échanges par Internet.
 
Explosion du téléphone Mobile : l’utilisateur même très pauvre est un consommateur
 
Les chiffres exponentiels du mobile dans le monde (plus de 3 Mds de lignes ouvertes à ce jour) s’expliquent par la progression foudroyante de l’adoption dans les pays émergents.
 
Les raisons en sont que :
 
  • Le mobile tout en étant un objet numérique individuel ne requiert quasi aucune compétence particulière de la part de l’utilisateur, au contraire de l’ordinateur. Il suffit de parler sa langue et de savoir lire et taper des chiffres pour avoir en un usage personnalisé.
  • Un cout très faible pour un service rendu très important : disposer d’un numéro de téléphone équivaut à se garantir une adresse personnelle unique dans un dans le réseau planétaire cadastré et réglementé par des tiers référents (UIT - gouvernements- opérateurs).
  • Dès l’ouverture de sa ligne, l’individu dispose d’un espace personnel d’e-échanges (en temps réel et par messages) avec tous ceux à qui il a pu communiquer son numéro - la limite du réseau mobile étant l’absence d’annuaire - . Ainsi l’utilisateur peut rester connecté avec son univers personnel ( amis, famille, pros).
  • La monétisation des ventes du mobile fonctionne indifféremment par post-prépaiement (clients bancarisés) ou par prépaiement - découlant des cartes téléphoniques que les populations défavorisées savent utiliser depuis longtemps. C’est ce mode de distribution et de commercialisation, durable et totalement indépendant des réseaux bancaires qui a attiré les investissements des opérateurs dans les pays émergents.  
 
Internet reste un média : un espace de loisirs plus que de consommation
 
De nombreux obstacles, culturels et structurels,  limitent le développement des applications de l’Internet au quotidien surtout pour ce qui concerne l’usage individuel du e-commerce, des e-paiements et des services d’e-administration.
 

Deux freins majeurs peuvent être identifiés dans les pays émergents:
 
  • La plupart des connexions internet s’y font à partir d’ordinateurs mutualisés donc anonymes dans des endroits publics.
  • Les paiements sur Internet ne sont accessibles qu’aux détenteurs de cartes bancaires, qui sont pour l’essentiel des consommateurs bancarisés des sociétés du Nord.
Pour autant,  le problème de l’adoption d’usage n’est absolument pas spécifique aux pays émergents.
 
En fait, dans les sociétés avancés, bien que les consommateurs soient équipés en accès Internet à domicile et rodés à l’usage de dispositifs bancaires pour payer sans espèces, il existe des freins très forts à l’usage individuel des e-échanges.
 
En cause notamment :
 
  • L’incompétence en informatique de la grande masse des utilisateurs qui ne peuvent défendre ni leurs PCs ni leurs identités en ligne contre les menaces.
  • Le manque de fiabilité du système de nommage et d’adressage de l’Internet (DNS)  qui rend aléatoire l’identification et la certification des parties prenantes aux échanges en ligne.
  • Le fait que l’Internet, réseau constitué de machines personnelles, sans opérateur responsable, ne permet absolument pas de  garantir la bonne exécution sécurisée de bout en bout et la traçabilité des échanges et des transactions.
  • Le fait qu’il n’y ait pas de solutions permettant de mettre en jeu facilement et économiquement partout et pour tous des terminaux de paiement administrés par des tiers de confiance bancaires.
  • Le fonctionnement intrinsèque du Web tout est gratuit qui emprisonne l’Internet dans le modèle économique des médias : la vente d’espaces publicitaires. De ce fait, l’essentiel des revenus des acteurs qui investissent sur le Web découle de la vente de leur audience à des annonceurs qui pour l’essentiel ne visent que les consommateurs des pays développés.
 
De ce constat, nous concluons, qu’il y a partout dans le monde et en premier lieu dans les pays émergents un besoin et une attente forte de solutions d’intermédiation et d’e-échanges garantis et sécurisés utilisables sans barrières culturelles par tous et partout.
 
Les acteurs actuels du marché numérique peuvent-ils répondre à cette demande ?
 
 
Il est évident que la solution ne peut pas s’appuyer sur :
 
  • les offres des leaders du Web (Google, Facebook, Yahoo, Ebay ou Amazone) malgré la simplicité d’accès à leur services sur Internet.

    La raison en est que les opérations dans cet univers nécessitent une forte implication et une adhésion individuelle de la part de chaque participant.

    De plus, les solutions gratuites du Web ne peuvent pas s’installer durablement sur des marchés émergents dont les consommateurs ne sont pas ou sont mal bancarisés et donc ne représentent pas une cible pour les annonceurs, ce qui justifie que les leaders du web n’y font aucun effort.

 
  • les offres des opérateurs télécoms malgré leur succès massif sur les marchés émergents .
    Mais leur modèle de revenu basé essentiellement sur la vente d’unités de temps téléphonique prépayées (Air time)  ne les incite pas – encore - à investir dans des solutions mixtes ( Internet- GSM) en vue de gagner de l’ARPU[1] .
    A la recherche de nouveaux abonnés dans un marché en expansion  les opérateurs télécoms n’ont pas de réelle vocation à offrir de la traçabilité de transactions ou de la pérennisation des contenus personnels individuels.

    Cette absence d’offre est un drame pour celui qui perd (ou se fait voler) son téléphone dans lequel sont stockés les numéros d’appels de ses contacts et ses photos importantes. Et ce qui peut être est encore pire, sans pouvoir récupérer le même numéro d’appel, ce qui signifie de ne plus pouvoir être joint par ses contacts.

 
Un partenariat entre industriels de l’Internet, gouvernements et banques est inéluctable.
 
Car pour réussir la solution doit se comporter et non comme une solution propriétaire mais comme un réseau bancaire dématérialisé, capable d’assurer en temps réel les transactions et les compensations.
 
Dans ce contexte, il est possible de domicilier de manière sécurisée et unique chaque ayant droit ( client qui s’abonne ou individu assisté qui est abonné d’office) à un compte numérique et de lui délivrer au bon moment - c’est à dire au moment où a lieu l’échange interpersonnel et/ou la transaction marchande - les e-services sécurisés dont il a besoin pour finaliser son opération.
 
Chaque transaction doit être contrôlée, validée et compensée en temps réel de manière que les comptes de chacun des acteurs de l’échange soient actualisés et tracés sans risque de répudiation à postériori et bien entendu sans fraude possible.
 
Les e-services doivent selon les contextes être exécutables sur tout téléphone et/ou sur tout ordinateur individuel ou mutualisé connecté à l’Internet.
 
Selon les contextes, les e-services doivent être utilisables directement par le client lui-même et/ou par le biais d’agents. Bien entendu les agents eux même doivent participer du système de manière à être gérés et contrôlés en temps réel par la plateforme). 
 
L’opérateur de la plateforme doit pouvoir décider selon les contextes de délivrer ses services gratuitement, contre un paiement à l’acte (par carte de prépaiement), sur abonnement ( par portefeuille virtuel) ou dans le cadre d’un contrat pour le compte de tiers.
 
La mise en oeuvre de telles plateformes est possible en s’appuyant sur les architectures de services Internet Transactionnel proposées par GOTAPP.
On aura une idée du type de services possibles en jouant la présentation d’un service Paytap